Réparation d’un contacteur Tuya Tongou : Diagnostic d’un relais bistable bloqué après 110 000 cycles.

Le matériel connecté simplifie nos vies, mais qu’en est-il de sa résistance réelle ? Aujourd’hui, je vous propose le démontage (teardown) et la remise en état du contacteur Wi-Fi Tongou TQ-Q-SY1-JWT. Après deux ans de service intensif pour la gestion de mon surplus solaire, il a fini par s’arrêter.

Voici comment j’ai diagnostiqué la panne et pourquoi j’ai décidé de lui offrir une seconde vie.

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Le contexte : Un rythme industriel

Pour optimiser l’autoconsommation de mes panneaux photovoltaïques, ce contacteur gérait mes charges en temps réel. Le bilan est lourd : 110 000 cycles de commutation en 2 ans. Un rythme effréné qui a fini par gripper la mécanique.

Le symptôme : Le module répond sur l’application Tuya, mais aucun « clac » ne se fait entendre et le courant ne passe plus.


⚠️ Sécurité avant tout

Un contacteur électrique n’est pas conçu pour être ouvert. En perçant les rivets, on perd les certifications de sécurité. Cette manipulation est présentée ici à titre informatif. L’appareil ne sera plus jamais utilisé pour des charges de puissance après remontage.


Le diagnostic scientifique : La Loi d’Ohm à la rescousse

Avant de tout démonter, j’ai voulu vérifier si l’électronique de commande était en cause ou si la bobine du relais était grillée.

  1. Mesure de résistance : J’ai mesuré 18.9 $\Omega$ aux bornes de la bobine du relais. Ce résultat est positif : la bobine n’est pas coupée.
  2. Test d’injection : J’ai injecté une tension de 5V en direct sur la bobine.
  3. Calcul de vérification : Selon la Loi d’Ohm $I = \frac{U}{R}$ :$$I = \frac{5V}{18.9 \Omega} \approx 0.264 A (264 mA)$$

La consommation mesurée lors du test était cohérente avec ce calcul. Cela confirmait que la bobine créait bien un champ magnétique, mais aucun mouvement ne se produisait. Le blocage était donc purement mécanique.


Démontage : Accéder aux entrailles

Le démontage se passe en deux étapes :

  • Le boîtier principal : Il est scellé par des rivets métalliques. Il a fallu les percer proprement pour séparer les deux parties de la coque.
  • Le bloc relais : Une fois le PCB extrait, on découvre que le relais est encapsulé dans un container maintenu par de simples crochets. C’est ici que l’on accède enfin au cœur du problème.

Le Tongou utilise un relais bistable : il reçoit une impulsion positive pour s’activer et une impulsion inversée pour se désactiver. C’est ingénieux pour éviter la chauffe, mais très sensible à l’encrassement mécanique.


La réparation : Le réveil de l’armature

En ouvrant le container du relais, j’ai constaté que l’armature était littéralement grippée par la poussière d’usure plastique accumulée durant les 110 000 manœuvres.

La solution :

  • Nettoyage minutieux des résidus.
  • Légère lubrification des pivots mécaniques avec une huile fine.
  • Tests de basculement manuels : le mouvement est redevenu fluide et le « clac » est de nouveau franc.

Conclusion : Une retraite en tant que capteur

Même si le contacteur est réparé, l’érosion des contacts après tant de cycles m’interdit de le remettre sur une charge de 25A.

Cependant, ce module possède une fonction de mesure de puissance (Energy Monitoring) très précise. Je vais donc le recycler dans un projet sous Home Assistant : il servira de capteur de mesure pour ma chaudière fioul. En mesurant la consommation électrique du brûleur, je pourrai en déduire ma consommation de fioul sans solliciter le relais pour de la puissance.

Le mot de la fin : Ne jetez pas vos modules « HS » ! Avec un multimètre et un peu de logique, ils peuvent souvent entamer une seconde carrière en domotique.


Souhaitez-vous voir la suite ?

Dans un prochain article, je vous expliquerai comment j’ai intégré ce contacteur « recyclé » dans Home Assistant pour suivre précisément le niveau de ma cuve à fioul !

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